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04 Quatrième Deb’ataya 14 avril 2011

« Le processus Redd+ »

Les controverses à propos du processus de Kyoto ont amené à réfléchir à de nouveaux instruments politiques et financiers internationaux sur la question de l’environnement.
En effet, le secteur forestier n’était pas ciblé par le protocole de Kyoto, or la déforestation, la dégradation de la forêt émet près de 20% de gaz à effet de serre. Le processus Redd+ est un mécanisme pour réduire l’émission de gaz à effet de serre issu de la déforestation et dégradation de la forêt. Le « + » inclut aussi la conservation, la gestion de la forêt et l’amélioration des stocks de carbone. C’est un mécanisme international qui vise à récompenser les pays tropicaux dans leurs efforts pour conserver la forêt. Lorsqu’on considère les coûts, un dollar investit dans le Redd+ est plus rentable et a plus d’impact que dans d’autres solutions visant la réduction des GES tels que les véhicules à hydrogène, le solaire, l’énergie hydraulique…
Le mécanisme fonctionne par pays sur la comparaison entre les estimations de la déforestation à partir de l’existant, et les surfaces effectivement déforestées. Si la tendance s’inverse, c’est-à-dire que la déforestation effective est plus basse que la déforestation prévisionnelle, les Etats sont payés pour les efforts fournis. La question du mécanisme de paiement se pose actuellement : s’agira-t-il d’un fond international ? Les pays européens sont plus pour un fond public. Les Etats-Unis aimeraient développer les marchés du carbone avec les systèmes de compensation des émissions.
Le redd+ peut être considéré comme un instrument facilitant le développement dans la mesure où il permet le financement des pays en développement qui luttent contre la déforestation, par les pays riches. Ce processus pourrait être considéré comme de l’aide au développement. Cela pose question car les mécanismes d’aide par projet mis en place jusque là concernent les pays émergents tels que le Chili, la Chine, le Mexique, le Brésil...
Il ne s’agit pas réellement d’un instrument de développement car le Redd+ ne s’adresse pas spécifiquement aux PVD. Il ne suit pas une approche projet mais une approche nationale.
Trois phases sont prévues dans la mise en place du Redd+ :
1) Pendant 2 ans : préparation du pays pour cet instrument, changement de mentalités, étude des facteurs de déforestation, poser la question de la protection de la forêt au niveau politique.
2) Réformes politiques
3) Expansion agricole
De 4 millions actuellement il est prévu d’investir 50 millions par an d’ici 2020. L’argent ne rentre pas dans le budget de l’Etat, cela soulève encore des doutes sur la réussite du processus. Le mécanisme de paiement (à qui va l’argent ?) et le système de suivi-évaluation sont encore à déterminer.
Le processus Redd+ soulève des questions écologiques, politiques, financières.
Suite à la présentation de Josep Gary, de nombreux échanges ont eu lieu, notamment sur :
-  La question de la prise en charge sociale des populations qui vivent de la forêt
-  La question de la prise en compte des pays qui n’ont pas de forêt (zone du Sahel) qui risquent d’être exclus, situation du Sénégal par rapport au processus.
-  La question de la coopération décentralisée, des régions dans la mise en œuvre du processus
-  La question de l’impact véritable du Redd +, au niveau local.
-  La question du mécanisme de fonctionnement
-  La vision du Redd + comme un facteur de développement d’un « capitalisme écologique » à travers les mécanismes de compensation s’il s’avère que ce sont eux qui financent le mécanisme.
-  Les synergies à mettre en place pour assurer le paiement des services environnementaux à la population qui accepte de moins déforester en développant des activités respectueuses des forêts.